Grottes de Naours (suite)
Mots clés : naours, patrimoine, somme, picardie,
Lieu de refuge ou installation militaire, la vocation des grottes de Naours s'est adaptée aux soubresauts de l'histoire. Ce qui rend la visite du site encore plus riche et en fait un candidat sérieux au programme d'un séjour ou d'un week-end dans la Somme.
Histoire de la Picardie : les États-majors apprécient l’intérêt stratégique du réseau souterrain
Tous les événements qui marquèrent l’histoire de la Picardie, (invasions, guerres, rapines, contrebandes…) se décryptent grâce à la grande quantité d’objets et d’inscriptions qui furent découverts dans les grottes. L’Abbé Danicourt recueillera, dans l’épaisse couche de terre végétale qui jonchait le sol, des débris de vases et d’armes, des marteaux, des rouets, des faucilles, des lampes en terre cuite et en fer… et des pièces de monnaie. Lors des deux guerres mondiales, les grottes troqueront leur vocation séculaire de lieux de refuge pour une destination exclusivement militaire. Durant la guerre de 14-18, les troupes alliées y installèrent une infirmerie, ainsi qu’en attestent les graffitis laissés sur les parois. Pendant la seconde guerre mondiale, les salles servirent, dans un premier temps, à abriter les réserves des troupes britanniques. Mais à partir de 1941, Naours–la-Souterraine va devenir une base stratégique de l’armée allemande qui en fera une station de brouillage des ondes.
Visite des grottes : à la découverte de la vie quotidienne des réfugiés
La visite des grottes nous permet de découvrir comment la population vivait au quotidien dans ces refuges. Lorsque l’ennemi approchait, le meunier, installé sur la colline, faisait office de guetteur et avertissait l’ensemble du village en contrebas. A son signal, les habitants se retiraient sous terre avec leur bétail et leurs biens les plus précieux qui se résumaient le plus souvent à leurs instruments aratoires. L’éclairage souterrain se faisait à la lampe à huile et les familles se rassemblaient par pièces et par quartiers. Les chambres furent disposées en quinconce pour préserver l’intimité des habitants. Six énormes cheminées assuraient la ventilation des galeries tout en permettant aux réfugiés de cuisiner. Le conduit des cheminées était dévié de façon à ce que la fumée ressorte dans la maison du meunier. De cette manière, l’ennemi ne pouvait pas repérer leur présence. Quant aux infiltrations d’eau, elles n’étaient pas à craindre car l’argile imperméabilise complètement toute la cité souterraine. La vie spirituelle n’était pas oubliée puisque une chapelle à trois nefs permettait à 400 personnes d’assister à la messe.
Week-end dans la Somme : visitez le musée des métiers picards
En fin de visite, vous traverserez le musée des métiers d’autrefois. Si certains métiers, (potier, forgeron, berger, pêcheur, vannier, tisserand, fermière…) nous sont encore familiers, d’autres artisanats picards aujourd’hui oubliés captent volontiers l’attention du visiteur. Qui se souvient encore du rémouleur parcourant les campagnes pour affûter les couteaux ou de l’écoucheux (teilleur de lin) qui détachait l'écorce ligneuse du lin, du bourrelier qui fabriquait selles et harnais et du garde-champêtre préposé à la surveillance des propriétés rurales ? Le batteur à sac, quant à lui, récupérait la farine au fond des sacs tandis que le vanneur secouait les blés dans le van afin de trier et nettoyer les graines. Le colporteur, VRP à l’ancienne mode, transportait, en plus de ses marchandises et colifichets, les ragots de village en village. Mais le clou du spectacle reste sans doute la tireloteuse, digne ancêtre de la Française des Jeux, qui arnaquait déjà ces crédules clients en quête d’argent facile. Comme son nom le laisse deviner, ce charlatan en jupons, proposait des billets de loterie dont évidemment aucun ne s’avèrerait gagnant ! Pour clore en beauté ce week-end dans la Somme, surtout si vous êtes accompagné d’enfants, terminez par une promenade bucolique dans le parc de 12 hectares qui entoure les grottes. Balançoires, jeux de plein air et animaux vous y attendent.
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